À quand un SDK pour l’Apple TV?
On connaît tous les déboires commerciaux de l’Apple TV première mouture. Malgré de beaux efforts d’Apple, la seconde version pourrait aisément connaître un flop du même acabit. Les critiques qu’on peut adresser à l’Apple TV sont pourtant assez simples.
Outre les problèmes liés à la télécommande - très peu adaptée à une utilisation intensive - que Apple pourrait résoudre éventuellement (notamment grâce au brevet déposé récemment) et la chaleur dégagée par l’appareil (mais ça, il faut avoir un MacBook Pro pour se rendre compte que Apple en fait le dernier de ses soucis), la plupart des tares de l’Apple TV sont logicielles. La version 2, lancée officiellement en janvier, résout plusieurs limitations: possibilité d’acheter et de louer des films et des séries télé (aux États-Unis en tout cas, partiellement au Canada [tout le monde brûle d'envie de payer pour Little Mosque on the Prairie ou Corner Gas...] et rien du tout ou presque en France) de même que de la musique directement assis dans le salon.
Il n’empêche que la petite machine est volontairement limitée. L’impossibilité de jouer des fichiers vidéos encodés en divx est une plaie pour le moindre utilisateur de torrent, évidemment, mais aussi pour plusieurs personnes ayant pris le temps d’encoder des films dans ce format extrêmement courant et prisé sur le web. Seule solution à ce problème: hacker le bidule. Cette étape, réservée à des utilisateurs tout de même bien au fait de la technique, une fois passée, ouvre la porte à une suite d’applications plus ou moins pratiques mais multipliant certainement les possibilités de l’Apple TV jusqu’alors bridée.
Parce qu’il est vrai que, techniquement, une Apple TV est un ordinateur, rien de plus rien de moins. Petit processeur Pentium-M, 256 mo de mémoire vive, etc. Techniquement, aucune puce de décompression spécialisée ou la moindre contrainte (sauf en terme de puissance de calcul évidemment) bloquant l’expansion logicielle. Qui plus est, même le système d’exploitation de la machine n’est autre chose qu’une version adaptée de OS X, dans le cas de l’Apple TV rien de moins que Tiger avec quelques modifications au kernel et par-ci par là.
Alors pourquoi un système si artificiellement fermé? Les relations que Apple entretient avec les majors de l’industrie du film et de la musique sont probablement responsables en bonne partie de la fermeture prudente de la machine à tout ce qui ne semble pas être du « contenu légitime ». Apple se verrait très mal offrir (et payer pour la license) une machine à lire des films en grande partie piratés.
Solution? Un SDK permettant aux développeurs de porter leur propres applications pour l’Apple TV. Il existe bien un SDK officieux pour la première version, développé par Alan Quatermain, mais une solution clé-en-mains, entièrement contrôlée par Apple, permettrait d’ouvrir la machine à de nombreuses possibilités et d’offrir un produit renouvelé et aux possibilités virtuellement illimitées, rien n’empêchant plus le portage de widgets en tout genre, le visionnement de chaînes de télé via le web ou l’utilisation de codecs propriétaires.
Si la mode est au SDK ces jours-ci (le 6 mars s’en vient à grand pas!), l’Apple TV gagnerait fort à voir apparaître sa propre plateforme de développement prochainement. À moins que Apple décide d’oublier, cette fois encore, sa machine jusqu’à une prochaine mise-à-jour.



